17.05.2016 / Consultation / / ,

Consultation: Réorganisation spatiale HNe

Depuis l’entrée en vigueur de la dernière révision de la LaMal (2012) les patients circulent librement en Suisse. Ce régime de concurrence ne permet plus de dire des hôpitaux privés qu’ils font du bénéfice et des hôpitaux publics qu’ils assurent toutes les missions. La raison en est simple. Les tarifs ambulatoires sont les mêmes dans toute la Suisse. Quant aux tarifs hospitaliers il en est pratiquement de même, du fait de la tarification des forfaits caspar cas (SWISSDRG).

Ces changements auraient dû conduire le CE à faire en sorte que les établissements neuchâtelois soient le plus rapidement possible équipés et aptes à séduire d’abord les patients neuchâtelois, bien sûr, mais aussi ceux des régions limitrophes. Or, c’est exactement le contraire qui a été fait. La conséquence fut immédiate. De très nombreux patients ont préféré se faire soigner à Yverdon ou à St-Imier.

Ce sont des dizaines de millions de francs que l’Etat de Neuchâtel a versés à ces hôpitaux, argent qui serait resté dans notre canton si nos hôpitaux avaient été plus attractifs.

Le projet présenté par le CE ne tire aucune leçon de cette ruineuse expérience. Or, si les patients du Haut ont choisi St-Imier quand Pourtalès existait, pourquoi une plus grande saturation de cet hôpital les conduirait-elle à modifier leur choix?

Ouvrir la liste hospitalière au privé

Le rapport du Conseil d’Etat souffre d’une autre lacune grave. Alors que la plupart des cantons ont compris l’intérêt qu’il y avait à éviter des concurrences internes aux cantons et à éviter des doublons notamment dans les investissements, le Département de santé du canton de Neuchâtel a voulu faire cavalier seul, ignorant les avantages des conventions public-privé déjà largement développées dans toute la Suisse.

On ne trouve pas une phrase à ce sujet dans le rapport qui élabore une stratégie solitaire et, de ce fait, ruineuse pour la collectivité. Or, la LaMal invite expressément les cantons à établir des synergies et des complémentarités entre les hôpitaux publics et les hôpitaux privés.

Le PDC réclame la suppression de la liste hospitalière dans sa forme actuelle et l’ouverture de celle-ci au privé. Le partage des missions hospitalières et des investissements, dans ce sens, vise à une économicité optimale, de même qu’à une efficacité maximale, tout en évitant que l’Etat ne crée en son sein une concurrence stérile et contreproductive entre son hôpital public et ses autres contribuables que sont les établissements privés (cliniques et autres groupements de médecins).

La vision du Conseil d’Etat telle qu’elle se dégage du rapport est rétrograde, dans la mesure notamment où elle n’intègre pas les principes de base de la dernière révision de la Lamal.

Eloignement des malades et conséquences pour les familles

Autre élément humain de grande importance aux yeux du PDC et oublié dans l’étude: l’éloignement des malades de leur famille durant leur hospitalisation.

Le rapport fait état des distances à parcourir par les ambulances et de leurs temps de parcours, ce qui a son intérêt, mais il néglige complètement les conséquences d’une hospitalisation de longue durée pour les membres de la famille d’un/e malade. Exemple: aujourd’hui, l’habitant non motorisé des Ponts-de-Martel ou du Cerneux-Péquignot qui veut aller rendre visite à un proche malade à Pourtalès doit y consacrer pratiquement une journée. Ce n’est pas acceptable.

Il en ira sans doute autrement lorsque le plan Mobilité 2030 sera concrétisé, soit dans 15-20 ans. En attendant que cette perspective devienne réalité, le PDC propose que notre canton reste doté de deux hôpitaux de soins aigus (le terme aigu est à définir) avec maternité à La Chaux-de-Fonds et à Neuchâtel et de deux policliniques de jour (Val-de-Travers et Val-de-Ruz).

La présence d’une maternité dans le Haut et dans le Bas est une exigence du PDC. Aujourd’hui, Neuchâtel dispose de deux crématoires et d’une seule maternité. Nous ne pouvons pas croire qu’il s’agisse là de la vision d’avenir de notre canton.

Pour le même motif – éviter l’éloignement des familles -, les besoins toujours plus grands et diversifiés des personnes âgées ainsi que ceux des personnes handicapées doivent également être pris en compte, cela dans toutes les régions.

Enfin, il sied de rappeler que la Constitution neuchâteloise fait devoir à l’Etat de garantir l’équilibre entre les régions (art 5 lit g). L’abandon progressif, pour ne pas dire programmé, de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds constitue, de l’avis du PDC, une violation de la Constitution neuchâteloise doublée d’une violation d’un engagement pris en la forme authentique.

 

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