30.04.2016 / Article / /

RBI: quelques dangers potentiels à retenir.

Le 5 juin 2016, le peuple suisse sera invité à se prononcer sur l’instauration d’un revenu de base dans le cadre d’une initiative populaire fédérale. Quels dangers/injustices se cachent derrière cette utopie ?

-possible augmentation de la TVA : les plus modestes paieront plus chères leurs courses.

-familles monoparentales défavorisées par rapport aux couples avec enfants :

2 adultes + 1 enfant = 5625 chf

1 adulte +1 enfant = 3125 chf

2 adultes + 2 enfants = 6250 chf

1 adulte + 2 enfants = 3750 chf

– privilégie les mères au foyer : à partir de 3 enfants, une famille monoparentale perçoit 6875 chf ce qui l’incitera à rester à la maison pour des raisons financières avantageuses. Certes pour les femmes aimant ce mode de vie, ce sera agréable pour toute la famille. Malheureusement, il se peut que beaucoup de monoparentales fassent ce choix uniquement pour des raisons de taux d’imposition trop élevé si elles travaillent en plus.

-inégalité et absurdité dans certains cas : un couple de millionaires voire de milliardaires se verrait recevoir 5000 chf mensuel à vie !

– baisse possible du salaire de certains indépendants tels que notaires, médecins, dentistes.

Il manque de médecins. Extrait : « il est possible que l’écart de prix entre une heure chez le notaire et une heure de femme de ménage diminue en raison du RBI et c’est tant mieux. » (Source : www.bien.ch)

-fuite des médecins, dentistes, et autres indépendants faute de salaire élevé. Le canton de Neuchâtel verra sa situation s’empirer. On touche indirectement à la santé.

-aggravation de la difficulté de recruter du personnel de santé dans les homes, car avec un RBI, il risque d’y avoir davantage de temps partiels et de départs d’aide-soignant/e/s et d’infirmier/ère/s. Conséquence sur la santé des personnes âgées s’il n’y a plus suffisament de personnel à disposition.

-exode d’ individus/familles les plus modestes vers les villes et villages aux loyers modestes : moins de mixité des classes en zone urbaine, davantage d’homogénéité. Clivage villes/campagnes, riches/pauves.

-utilisation de la femme pour argumenter le travail non-rémunéré et le retour de la femme au foyer (certaines femmes s’épanouissent au foyer mais d’autres pas. Avec ce RBI, certaines femmes insatisfaites au foyer choisiront cette voie pour des raisons économiques, ce qui serait fort préjudiciable pour l’ambiance familiale.)

-moins d’apprentis : si les apprenti-e-s perçoivent 2500 chf en apprentissage et 4000 à 6500 chf en travaillant, il est certain que peu de jeunes seront enclins à se former ! Et ce, d’autant plus si la valeur du travail se perd…

-une belle idée mais néfaste pour les jeunes sans apprentissage/emploi : faire miroiter aux jeunes que cette initiative matérialiste est primordiale pour un mieux-être me paraît un temps soie peu malhonnête.

En effet, on donne l’illusion qu’avec 2500 chf leur vie changera, alors que rien ne remplace le plaisir d’être reconnu au travail, de se lever à 18 ans pour se former, pour rencontrer des collègues. Malheureusement certaines personnes risquent de ne plus travailler et de se délocaliser vers les villages aux loyers les moins chers pour vivre que du RBI. Les jeunes ont besoin de places d’apprentissage, ce qui manque de nos jours…le RBI ne leur donnera que l’illusion d’avoir trouvé une certaine sécurité…

-côté paternaliste et fataliste de l’initiative : on paterne les gens au lieu de croire en leurs capacités et à l’amélioration du marché du travail.

-déni de la valeur du travail : travailler éduque, apprend la patience, la tenacité et la sociabilité. Cette initiative tend à laisser croire que 2500 chf peuvent être obtenus sans effort. Voulons-nous vraiment inculquer cela à nos descendant/e/s ?

-initiative qui joue sur l’image des bénéficiaires de l’aide sociale… disposer d’un RBI rendrait la « dignité » aux sans emploi et/ou bénéficiaires sociaux ? Car « revenu inconditionnel « ? Bien que depuis le 13e siècle, les sans emploi soient considérés à tort et de manière simpliste comme des « inactifs », « oisifs », » profiteurs », cette initiative ne changera pas le regard des personnes aux stéréotypes et préjugés bien ancrés. Quand est « oisif » d’esprit, rapide dans les raccourcis, « inactif » dans sa réflexion sur l’autre, « profitant » des idées toutes faites sur les sans emploi/au service social ( 1/3 sont des enfants, 1/3 des woorking poors), ce n’est pas un RBI qui nous arrêtera dans nos préjugés prémâchés . On ne change pas les mentalités aussi facilement : pour les stigmatisants…avec ou sans RBI, un sans emploi reste ce qu’ils projettent sur lui . Par contre, les sans emploi ont besoin d’être reconnu professionnellement, de se lever le matin et de voir leurs collègues, de faire partie d’un groupe..et cela un RBI ne l’offrira pas…seul un travail leur rendra ce sentiment d’utilité et de dignité je suppose.

-perte des meilleurs avocats, médecins, (HP) etc, car leur salaire risque de fléchir. Conséquences : attractivité, compétitivité en stand by…

En définitive, cette intiative part d’un bon sentiment. Cependant,

favoriser les couples avec enfant aux monoparentaux, privilégier le retour de la femme au foyer (à partir de 3 enfants), payer 5000 chf à vie aux couples milionnaires, risquer une baisse salariale des médecins qu’on peine à recruter, mettre en péril le bon fonctionnement des homes qui accueillent les aînés, donner l’illusion aux jeunes sans emploi/apprentissage qu’un RBI pansera leur douleur de ne pas trouver de place, nier les valeurs du travail, risquer une perte des apprentis, me paraît fort dangeureux pour l’avenir de la société.