10.11.2011 / Article / Economie /

NON au salaire minimum cantonal

La population neuchâteloise est appelée à se prononcer le 27 novembre sur l’inscription de la notion du salaire minimum dans la Constitution cantonale. Le PDC, après avoir mûrement réfléchi à la proposition de la Gauche neuchâteloise et consulté son comité, ne peut pas accepter cette proposition car, à nos yeux, elle ne résout pas le problème des workingpoors (travailleurs pauvres) et ne donnera pas un pouvoir d’achat plus important aux personnes et aux familles dans la difficulté. Plusieurs arguments justifient notre position.

Neuchâtel : tiers-monde de la Suisse ?

Il faut lutter contre le dumping salarial et autres pressions sur les salaires, surtout dans un canton frontière, soit. L’intention est louable mais elle comporte de grands risques d’aller à l’encontre du but recherché. La menace est forte que le salaire minimum devienne le traitement de référence et entraîne une baisse des salaires, comme cela s’est vu dans d’autres pays. Par ailleurs, il n’est pas concevable que le salaire minimum soit pratiqué dans un seul canton. Il y aurait inévitablement, dans une même profession, des disparités injustes entre les personnes œuvrant dans notre canton et celles travaillant ailleurs. De plus, des salaires relativement bas attireraient immanquablement certaines industries à la recherche de frais de personnel moins élevés que dans le reste du pays, ce qui, à la longue, ferait de Neuchâtel le tiers-monde de la Suisse. A l’inverse, nombre de petites entreprises ne seraient pas en mesure d’appliquer le salaire minimum et risqueraient de disparaître.

La notion d’un salaire digne et assurant mieux que le minimum vital est importante mais elle doit être intégrée dans les conventions collectives de travail. Ce qui nous paraît obligatoire, c’est que chaque secteur d’activité doit impérativement avoir une CCT.

Pour ces différentes raisons, le PDC vous invite donc à dire NON, le 27 novembre prochain, à l’initiative demandant un salaire minimum cantonal.